TOURNÉE PRÉSIDENTIELLE : SÉGBANA OU SEH GBA BE, CE N’EST PAS CE QU’ON A TOUJOURS ENTENDU

TOURNÉE PRÉSIDENTIELLE : SÉGBANA OU SEH GBA BE, CE N’EST PAS CE QU’ON A TOUJOURS ENTENDU

Cette commune a été tristement rendue célèbre par le fait qu’elle abritait, au cours de la période révolutionnaire au Bénin, une prison réputée pour les détentions politiques. Mais aujourd’hui la rencontre de ce territoire chaud, devenu la commune de Ségbana, est de nature à désabuser et rassurer tout visiteur. Ségbana n’est pas un lieu carcéral à ciel ouvert mais une terre d’accueil.

La commune de Ségbana est située au Nord- Est du Bénin dans le département de l’Alibori, à plus de 500 km de Cotonou, à la lisière de la république fédérale du Nigéria. Y vivent des Béninois de toutes les ethnies qui cohabitent avec des Nigérians et des Nigériens. Les échanges commerciaux ont cours des deux côtés de la frontière et le Naira se confond au FCFA dans les bourses des populations.

Au départ, ce territoire de terre rouge et rocailleuse fut découvert et défriché par un Tchienga (une ethnie boo qui peuple la région), du nom de Seh, diminutif de Saré/sabi. Le 1er quartier de Ségbana d’ailleurs s’appelle Tchiengawia.

*Seh était un homme de grande taille (gbãa en boo), et de ce fait on appela ce lieu (chez Seh, l’élancé)* ce qui traduit en langue locale donnait Seh- gbãa – bε avant de devenir dans sa forme francisée Ségbana.

Ségbana est l’une des anciennes sous-préfectures du département du Borgou. Elle a été créée en 1963 et majoritairement peuplée de Boo/Boko. Essentiellement agriculteurs et également réputés dans la production et la transformation traditionnelle du fer, les Boo sont un peuple de langue Mandé dont les mythes d’origine charriés par les traditions orales évoquent l’origine orientale ; notamment de la Mecque. Leur ancêtre éponyme du nom de Ki-Sia/ Kissira aurait conduit la plus importante vague migratoire qui a amené les Boo/Boko dans le Borgou. Les étapes les plus connues de cette longue et très ancienne migration sont Ilo, Bissa-Wέlε ou Boussa et Nikki.

En la mémoire de cet ancêtre éponyme Kissira et/ou celui de ses descendants, sont érigés des sanctuaires repérés à Swoala (près de Babana au Nigéria), à Morou (Commune de Ségbana), à Sakabanzi et Wenou, non loin de Nikki.

C’est d’Ilo et de Bissa-Wέlε/Busa que les Boo/Boko ont essaimé en direction des localités comme Lètè, Sokotindji, Sakabanzi, Ségbana.

De façon périodique, les populations de Ségbana célèbrent *la fête des nouvelles ignames, la Gaani, le Sanco Lokpa (la Tabaski) et Lèpoo (ramadan) ; Coso ndo* qui est une fête marquant la sortie de la nouvelle récolte de sorgho et au cours de laquelle on mange individuellement un poulet avec la pâte du sorgho ; Le Tèzou, un évènement organisé au début de l’année lunaire qui consiste à conjurer le mauvais sort à travers des jets de feu.

A l’occasion de ces grandes fêtes, une belle flopée de rythmes cultuels, initiatiques et/ou secrets sont exécutés par les communautés.

Il y a par exemple le

Le *Kobi*, danse féminine au rythme de tam-tam et des chants.

Massa, danse mixte entre les hommes et les femmes au rythme de tam-tam au cours duquel les danseurs ont leurs chaussures en mains.

Une autre merveille de Ségbana est…

*Découvrez Ségbana telle que vous ne l’avez jamais connue ici* => https://www.gouv.bj/actualite/1101/destination-benin—segbana-toujours-entendu/

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